Se perdre ?
De l’inconvénient d’un balisage trop bien fait, ou de l’avantage de se tromper de chemin.
Notre marcheur parfois est un enfant gâté, « une seule flèche lui manque, et le voilà perdu ».
Désemparé, il s’inquiète, peste, réfléchit, se décide enfin à sortir ses cartes ou son téléphone. Faire demi-tour ou partir à la traverse? Voilà notre marcheur qui devient baroudeur. La marche peinarde devient aventure, le mouton aveugle devient loup attentif, yeux ouverts, oreilles dressées, autonome.
Maintenant, tout peut arriver. Un château peut surgir au détour d’un virage, une porte s’ouvrir, une bonne âme apparaître « vous allez où comme ça ? », un café même…
Arrivé à bon port – car on finit toujours par arriver – il aura quelque chose à raconter, il aura testé ses limites, fait des kilomètres en plus, vaincu l’adversité. Dorénavant, il ne craindra plus l’aventure, il l’appellera de ses vœux. La confiance habitera son sac à dos. Il accordera un sourire reconnaissant au balisage, dont l’absence lui sera un défi bienvenu, promesse de galères et de miracles. C.L.